Dominique de Villepin à présenté lors de sa conférence de presse du 4 octobre son "Pacte pour l'environnement" . En voici brièvement résumé les principales mesures :
- relèvement du plafond CODEVI (compte pour le développement industriel) de 4.600€ à 6.000€
- augmentation des pompes vertes (E85) pour arriver à 1.800 pompes en 2008
- réduction des émissions de CO2 de 6% entre 2006 et 2012
- 100 millions d'euros consacrés au développement d'un moteur Hybride Diesel
- Doublement des crédits de l'Agence de l'environnement à destination des collectivités locales, pour les réseaux collectifs de chauffage écologique, soit 200 millions d'euros entre 2007 et 2012. Création d'un prêt à 2,45 % par la Caisse des dépôts pour aider les HLM à construire 600 000 logements en énergie propre.
- 50 millions d'euros de plus dégagés en 2006 pour soutenir les projets de tramways.
- Création d'une réserve naturelle dans les terres australes antarctiques françaises.
Je trouve ce pacte français pour l'environnement un peu timide surtout si l'ambition avoué de Mr. de Villepin est que "la France entend montrer l’exemple. Une France de l’environnement pour une Europe de l’innovation, voilà ce vers quoi nous devons et nous voulons aller"
Les quelques dizaines de millions d'euros débloquer pour 2007 font pâle figure à coté des 790 millions prévus par l'Allemagne pour l'an prochain.
Je trouve qu'il aurait fallu plus favoriser les mesures de productions d'énergies renouvelables de pair avec des économies d'énergies.
Mais est-ce une bonne idée?
J'avoue avoir été un peu surpris par tout le battage médiatique fait autour de l'annonce de l'introduction du bio-carburant E85 en 2007 en France...
500 pompes E85 à partir de 2007, des voitures Flex-Fuel enfin disponibles sur le marché français (pour rappel, PSA en produit depuis des années au Brésil), du biocarburant à 0,80 EUR le litre,des réductions de taxes, un coup de pouce pour nos agriculteurs, un gros coup de main aux agro-industriels et un gros coup de pied dans les principes de développement durable !
Or donc la commission Flex Fuel, présidée par Alain Prost et mise en place par le 7 juin dernier par Thierry Breton a accouché d'une version préliminaire de son rapport sur le développement d'une filiaire bio-éthanol. Je m'étais déjà étonné à l'époque du choix d'Alain Prost pour diriger ce groupe d'étude. Mais, comme l'écrit si bien Gérard Dupuy (Libération) : "Demander à un ancien champion de Formule 1 un rapport sur les biocarburants, c'est un peu comme attendre d'un célèbre producteur de Cognac des conseils en matière de lutte antialcoolique : la preuve d'un formidable changement de mentalité."
Mais Pourquoi tout ce foin autour de l'E85 ?? :
Pourquoi favoriser l'E85 et pas déjà essayer d'atteindre les objectifs européens de 5,75% de bio-carburants dans l'essence ET le diesel d'ici 2010?
Actuellement il 'y a que 2% de biocarburants dans l'essence et le gazole en France. Les moteurs peuvent accepter jusqu'à 10% de biocarburants sans modifications particulières. Il me semble plus facile de mélanger les biocarburants à l'essence ou au gazole que de mettre en place un réseau limité de pompes E85 qui demandera un investissement important. Cet argent pourrait être consacré à d'autres usages, par exemple la recherche sur les biocarburants de seconde génération.
Pourquoi avoir choisi uniquement le bio-éthanol qui utilise pour sa fabrication des produits (betterave, blé) qui sont exigeants en engrais et qui ont donc une mauvaise rentabilité énergétique.
Pourquoi ne pas promouvoir une politique d'une utilisation responsable des énergies actuellement à notre disposition (favoriser les transports en commun, la réduction de la consommation, de l'utilisation de la voiture, etc..)
Dire que simplement en réduissant la vitesse sur autoroutes, en étant aimable avec la pédale de gaz, en anticipant les freinages, etc;.. nous pouvons réduire notre consommation de 20% ! Et si nous éteignions nos TV, HiFi, PC, etc.. au lieu de les laisser en veille ce serait 5-6 tranches nucléaires en moins en Europe !
Courte revue de presse :
L'énergie verte : les Biocarburants - vous trouverez les dernières actualité dans ce domaine
Des pompes vertes pas si vertes - un article de Laure Noualhat de Libération
Thierry Breton désire accélérer l'implantation de la filière éthanol
L'illusion des pompes vertes
• Hainaut Développement vient de créer un cluster « Energies renouvelables ».
• L’axe d’action principal est de travailler sur la demande et l’utilisation rationnelle de l’énergie.
• C’est à ce prix que seront créées les conditions nécessaires au développement d’une offre adaptée.
En septembre dernier, l’asbl cluster « Energies renouvelables » a vu le jour en Hainaut. A la base de cette initiative, l’agence de développement de l’économie et de l’environnement Hainaut Développement.
« Le but premier du cluster est de mettre en réseau des entreprises d’un même secteur en vue de créer de nouvelles activités permettant de proposer une offre intégrée », explique Nathalie Abrassart, architecte, qui pilote la logistique du projet. « Notre objectif est plutôt orienté vers le développement d’activités économiques du secteur, dans son sens le plus large, et par là même augmenter l’offre. »
Au vu des partenaires actuellement engagés dans le projet, le soutien actuel émane moins des producteurs d’énergies renouvelables que de secteurs plus en prise avec l’utilisation rationnelle de l’énergie (URE). « La demande [de création d’un cluster] émane d’entreprises privées qui ont rapidement été rejointes d’une part par le secteur de l’enseignement supérieur universitaire et par celui de la formation » poursuit Nathalie Abrassart. Outre un cabinet d’architecte et une agence de communication, on y retrouve en effet la faculté polytechnique de Mons, la Haute Ecole de la Communauté Française et le secteur de la construction (CCW).
Les objectifs de ce nouveau cluster sont nombreux et vont de la mise en œuvre d’un programme d’actions concrètes – comme la construction d’un bâtiment vitrine énergétiquement performant –, à la promotion du secteur en passant par la valorisation de projets de recherche.
Reste qu’à ce jour, ce sont les entreprises capables de répondre à une extension de la demande en énergies renouvelables et en besoin liés à l’URE qui manque le plus à l’appel. « Le cluster n’en est qu’à ses débuts », répond Nathalie Abrassart. « C’est avec un esprit d’ouverture que sera examinée chaque candidature. Le développement du cluster dépendra directement de ces membres et des demandes qui y seront formulées. »
Reste aussi que les actions susceptibles d’être menée par ce cluster dépendent étroitement de sa reconnaissance par la Région wallonne qui pourrait alors épauler son développement. Pour ce faire, l’asbl compte s’appuyer sur les points forts qu’elle identifie dans son dossier : le développement de la compétitivité des entreprises par le renforcement des dynamiques d'innovation – grâce notamment à la participation de la section ingénieur industriel de la HECF –, et surtout le développement des liens entre les entreprises, ainsi qu'une nouvelle articulation entre les entreprises d’une part, la recherche et la formation d’autre part.
Plus d’infos :
Cluster « Energies renouvelables » en Hainaut
Clusters wallons
Les actions prioritaires pour l’avenir wallon
(Source : AlterBusiness News n°120)
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